La prime d'ancienneté récompense la fidélité du salarié à son employeur. Elle n'est pas automatique : c'est votre convention collective ou votre contrat qui la prévoit.
La prime d'ancienneté est une somme qui s'ajoute au salaire de base en fonction du nombre d'années passées dans la même entreprise. Elle n'existe pas dans le Code du travail en tant que droit universel : c'est votre convention collective ou votre contrat de travail qui en définit l'existence, le taux et les conditions.
Trois conditions sont généralement requises :
Ancienneté dans l'entreprise ou dans le secteur ?
Dans la grande majorité des conventions, l'ancienneté se compte dans la même entreprise, pas dans le secteur. Changer d'employeur remet le compteur à zéro, même si vous restez dans le même métier.
Le calcul varie selon les conventions, mais deux méthodes sont courantes :
Méthode 1 : pourcentage du salaire réel. La prime représente X % de votre salaire brut mensuel. Cette méthode est favorable aux salariés mieux rémunérés que le minimum.
Méthode 2 : pourcentage du salaire minimum de la catégorie. La prime est calculée sur le minimum conventionnel de votre niveau, quelle que soit votre rémunération réelle. Cette méthode est la plus répandue.
| Ancienneté | Taux (exemple HCR) |
|---|---|
| 3 à 5 ans | 2 % |
| 6 à 9 ans | 4 % |
| 10 à 14 ans | 6 % |
| 15 ans et plus | 8 % (ou jusqu'à 15 %) |
Les taux exacts et les paliers dépendent entièrement de votre convention. Vérifiez toujours le texte de votre convention ou le dernier avenant.
Marie est serveuse en restaurant. Son salaire de base est de 1 850 € brut par mois. La convention HCR prévoit une prime d'ancienneté calculée sur le minimum de sa catégorie (mettons 1 802 € pour simplifier). Après 6 ans dans la même entreprise, le taux est de 4 %.
Prime mensuelle : 1 802 € × 4 % = 72,08 €. Son salaire total brut devient 1 922,08 € (1 850 + 72,08). La prime s'ajoute au-dessus, elle ne remplace pas le salaire de base.
Les absences prolongées n'effacent pas l'ancienneté acquise mais peuvent interrompre son calcul. En général :
Prime et 13e mois
La prime d'ancienneté et le 13e mois sont deux avantages distincts. L'un récompense la durée, l'autre est souvent une prime annuelle de résultats ou de fidélité. Ils peuvent coexister ou l'un peut remplacer l'autre selon les accords internes.
La prime d'ancienneté est prévue dans de nombreuses conventions importantes, notamment la convention HCR, celle de la restauration rapide, des services de l'automobile, du commerce alimentaire, des transports routiers, de la métallurgie et de nombreuses autres. Elle n'est en revanche pas universelle : la convention Syntec, par exemple, ne la prévoit pas au niveau de la branche.
Pour savoir si votre convention l'inclut et à quelles conditions, recherchez « ancienneté » ou « prime d'ancienneté » dans le texte de votre convention sur code.travail.gouv.fr.
Non, sauf si votre convention collective ou votre contrat la prévoit. Il n'existe pas de prime d'ancienneté légale universelle en France. C'est le texte conventionnel ou contractuel qui la crée.
Oui. La prime d'ancienneté est un élément de salaire : elle est soumise aux cotisations sociales (retraite, assurance maladie, chômage) et figure sur le bulletin de paie. Elle entre dans le calcul des indemnités de licenciement et des congés payés.
Oui. Si la prime est calculée sur votre salaire réel, le passage à temps partiel la réduira proportionnellement. Si elle est calculée sur le minimum de votre catégorie à temps plein, la prime est généralement proratisée selon votre durée de travail.
En principe oui. Sauf si votre contrat ou un accord prévoit la reprise d'ancienneté. Dans certains secteurs avec forte rotation (propreté, transport), des règles spécifiques peuvent préserver une partie de l'ancienneté lors de certains transferts de marché.
Dernière mise à jour : 05/07/2026.