La convention collective du travail temporaire (IDCC 2378) est l'une des rares à couvrir deux populations distinctes : les salariés permanents des agences d'intérim et les 900 000 intérimaires en mission chaque jour en France. Elle pose les garanties sociales d'un secteur bâti sur la flexibilité.
La convention collective du travail temporaire (IDCC 2378) est l'un des textes les plus singuliers du paysage social français. Signée le 19 octobre 2000, elle régit à la fois les salariés permanents des agences d'intérim et les quelque 900 000 intérimaires en mission chaque jour en France. Ce double périmètre d'application fait de ce texte un outil de référence incontournable pour comprendre les droits et obligations de chacun dans ce secteur.
La convention s'applique à l'ensemble des entreprises de travail temporaire (ETT) établies sur le territoire français, qu'il s'agisse de grands groupes d'intérim nationaux ou d'agences indépendantes locales. Elle couvre deux catégories de salariés bien distinctes.
D'un côté, les salariés permanents : recruteurs, chargés de compte, commerciaux sédentaires, gestionnaires de paie, responsables d'agence et personnel administratif. De l'autre, les salariés temporaires, c'est-à-dire les intérimaires pendant la durée de chaque contrat de mission, pour ce qui concerne les conditions de travail, les garanties individuelles et les avantages collectifs liés à l'emploi.
Principe fondateur
L'intérimaire est lié à l'ETT par un contrat de mission, et à l'entreprise utilisatrice par une relation de subordination opérationnelle. La convention IDCC 2378 encadre les deux niveaux de cette relation et garantit des droits minimaux à chaque salarié, quel que soit son statut.
Pour les salariés permanents des agences, la convention organise les emplois en 5 groupes, du groupe I (fonctions d'assistance débutantes) au groupe V (direction régionale ou de département). Chaque groupe intègre des échelons liés à l'ancienneté qui permettent une progression salariale encadrée et prévisible.
| Groupe | Profils types |
|---|---|
| I | Assistant administratif, chargé d'accueil débutant |
| II | Chargé de recrutement junior, gestionnaire de paie |
| III | Chargé de recrutement confirmé, commercial terrain |
| IV | Responsable d'agence, chargé d'affaires senior |
| V | Directeur régional, responsable de département |
Le contrat de mission est un CDD conclu entre l'ETT et l'intérimaire pour chaque nouvelle affectation. Sa durée maximale est de 18 mois, renouvellements compris (24 mois dans certains cas prévus par la loi). Pendant toute la durée de la mission :
Deux indemnités propres à l'intérim compensent la précarité inhérente au contrat à durée déterminée.
L'indemnité de fin de mission (IFM) s'élève à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission. Elle est versée à la fin de chaque contrat, sauf si la mission débouche directement sur un CDI, un CDD ou un contrat d'apprentissage chez l'entreprise utilisatrice.
L'indemnité compensatrice de congés payés (ICP) représente 10 % de la rémunération brute incluant l'IFM. Elle est due pour chaque contrat de mission, quelle qu'en soit la durée, et s'ajoute à la rémunération de base et à l'IFM sur le bulletin de paie de fin de mission.
Cumul IFM et ICP
Pour 100 euros de salaire brut de base sur mission, l'IFM ajoute 10 euros, puis l'ICP s'applique sur 110 euros, soit 11 euros supplémentaires. Le total perçu atteint 121 euros, soit 21 % de plus que le salaire de référence brut. Ces indemnités sont soumises à cotisations sociales.
Les intérimaires ont également accès au Fonds d'action sociale du travail temporaire (FASTT), qui propose des aides concrètes au logement, à la mobilité, à la santé et à la garde d'enfants, sous conditions de seuil d'heures de mission effectuées.
Pour les salariés permanents des agences d'intérim, les délais de préavis suivent le groupe d'emploi et l'ancienneté acquise dans l'entreprise. De manière générale, les groupes I et II appliquent un préavis d'un mois, tandis que les groupes III à V peuvent atteindre deux à trois mois selon les dispositions conventionnelles en vigueur.
Calculez votre préavisEstimation immédiate.→Pour les salariés permanents en CDI, le licenciement suit les règles légales et conventionnelles. L'indemnité conventionnelle de licenciement s'applique dès lors qu'elle se révèle plus favorable que le plancher légal, ce qui constitue la règle générale du droit social français.
Pour les intérimaires, la rupture anticipée d'un contrat de mission à l'initiative de l'ETT, hors faute grave ou force majeure, ouvre droit à des dommages et intérêts au minimum égaux aux rémunérations qui auraient été perçues jusqu'au terme prévu du contrat. À l'inverse, une rupture anticipée à l'initiative de l'intérimaire sans motif légitime peut engager sa responsabilité civile à l'égard de l'ETT et de l'entreprise utilisatrice.
Estimez votre indemnité de licenciementCalcul immédiat selon le Code du travail.→Point de vigilance
Les intérimaires ne bénéficient pas de l'indemnité de licenciement classique, le contrat de mission prenant fin à son terme naturel sans rupture. Les protections spécifiques de l'intérim (IFM, ICP, accès au FASTT) constituent les contreparties propres à ce statut particulier.
Oui, l'IFM de 10 % est versée à la fin de chaque contrat de mission, sauf si la mission débouche immédiatement sur un CDI, un CDD ou un contrat d'apprentissage chez l'entreprise utilisatrice. Dans ce cas, l'IFM n'est pas due car la précarité du contrat temporaire est effacée par la nouvelle relation d'emploi stable.
La durée maximale d'un contrat de mission est en principe de 18 mois, renouvellements compris. Elle peut atteindre 24 mois dans certains cas spécifiques prévus par la loi, notamment pour les missions effectuées à l'étranger ou dans le cadre d'un accroissement exceptionnel d'activité. Au-delà, le contrat risque d'être requalifié en CDI.
Oui, grâce au principe d'égalité de traitement. La rémunération de l'intérimaire ne peut pas être inférieure à celle qu'aurait perçue un salarié en CDI occupant le même poste au sein de l'entreprise utilisatrice, primes et avantages d'usage inclus. En pratique, ce niveau de référence sert de plancher de rémunération pour la mission.
Oui. Les intérimaires accumulent des droits à la formation via leur compte personnel de formation (CPF), comme tout salarié. Ils peuvent aussi bénéficier de formations financées par le FASTT (Fonds d'action sociale du travail temporaire) ou par les organismes paritaires collecteurs agréés du secteur. Des formations pendant les périodes inter-missions sont également possibles sous certaines conditions.
Si l'ETT rompt le contrat de mission avant son terme sans faute grave de l'intérimaire ni cas de force majeure, l'intérimaire a droit à des dommages et intérêts. Ces indemnités sont au minimum équivalentes aux rémunérations qui auraient été perçues jusqu'au terme du contrat, IFM et ICP comprises. L'intérimaire peut faire valoir ses droits devant le conseil de prud'hommes.
Dernière mise à jour : 05/07/2026.