InfoConvention
Commerce et grande distribution

Convention collective nationale de l'optique-lunetterie de détail

Porter des lunettes est un acte de santé. Derrière le comptoir de chaque opticien, des professionnels diplômés exercent une profession réglementée, dont les conditions d'emploi sont encadrées par une convention collective spécifique : l'IDCC 1983.

1983
Code IDCC
~40 000
Salariés couverts
35 heures hebdomadaires
Durée du travail
6 niveaux (A à F)
Niveaux de classification

La convention collective nationale de l'optique-lunetterie de détail (IDCC 1983), signée le 2 avril 1997, encadre les conditions d'emploi d'environ 40 000 salariés exerçant dans les magasins d'optique et de contactologie en France. Ce secteur occupe une place à part dans le commerce de détail : l'opticien-lunetier exerce une profession de santé réglementée, soumise à des obligations légales spécifiques en matière de diplôme, d'actes autorisés et de responsabilité professionnelle. La convention traduit ces particularités dans les droits et obligations des salariés.

Champ d'application : magasins et sociétés concernés

La CCN optique-lunetterie (IDCC 1983) s'applique aux entreprises dont l'activité principale est la vente au détail de lunettes, de montures, de verres correcteurs et de lentilles de contact. Le code APE de référence est le 47.78C (commerce de détail d'optique). Elle couvre aussi bien les enseignes nationales (grandes chaînes de magasins d'optique) que les magasins indépendants et les groupements coopératifs d'opticiens.

Périmètre de la convention

Les audioprothésistes travaillant dans un magasin d'optique peuvent relever de la convention selon l'activité principale de l'établissement. Les opticiens exerçant en structure hospitalière ou en clinique relèvent en revanche de la convention de leur employeur (hospitalier ou clinique privée). La convention s'applique à l'ensemble du personnel du magasin, quelle que soit la fonction : opticiens diplômés, vendeurs, assistants, responsables de caisse et directeurs de magasin.

La profession d'opticien-lunetier est encadrée par le Code de la santé publique. Certains actes (délivrance de verres correcteurs sur ordonnance médicale, adaptation de lentilles, vérification de la vue dans le cadre du renouvellement d'ordonnance) ne peuvent être réalisés que par un professionnel titulaire du BTS Opticien-Lunetier (BTS OL) ou d'un diplôme reconnu équivalent.

Classification professionnelle : les 6 niveaux (A à F)

La grille de classification de la convention optique-lunetterie distingue 6 niveaux notés de A à F, structurés selon la qualification, les responsabilités exercées et, pour les actes réglementés, le diplôme d'opticien-lunetier :

NiveauProfils typesQualification
AVendeur conseil débutant, hôte(sse) d'accueil, assistant(e) administratifSans qualification spécifique, première embauche
BVendeur conseil confirmé, agent de réception et de gestionExpérience commerciale ou formation interne
COpticien-lunetier diplômé débutant, monteur-vendeur qualifiéBTS Opticien-Lunetier ou équivalent
DOpticien-lunetier confirmé, référent technique, expert contactologieBTS OL avec expérience significative
EResponsable de magasin, directeur adjoint, manager techniqueBTS OL et responsabilité d'équipe et de gestion
FDirecteur de magasin, directeur de région, responsable de réseauBac+2 minimum et direction opérationnelle complète

Le classement dans un niveau tient compte du poste réellement exercé, du diplôme détenu et des responsabilités effectives. Un opticien-lunetier titulaire du BTS OL qui exerce exclusivement des fonctions de vente sans acte technique peut être classé à un niveau inférieur à un confrère qui réalise des examens de vue et des adaptations de lentilles. La convention prévoit des dispositions spécifiques pour les salariés exerçant des actes réglementés.

Durée du travail et organisation en magasin

La durée légale de 35 heures hebdomadaires s'applique dans les magasins d'optique. L'amplitude d'ouverture des magasins (souvent 6 jours sur 7, parfois le dimanche dans les zones commerciales autorisées) nécessite des organisations par roulement ou en horaires décalés.

Le travail du dimanche est possible dans les zones commerciales bénéficiant de dérogations préfectorales. Il donne lieu à une majoration et à un repos compensateur conformément aux dispositions légales et aux accords d'entreprise des grandes enseignes. Le salarié qui travaille le dimanche de façon volontaire bénéficie de garanties particulières.

Le temps partiel est fréquent dans les magasins de taille moyenne, notamment pour les vendeurs conseillers. La durée minimale légale de 24 heures hebdomadaires s'applique, sauf dérogation écrite et motivée ou accord de branche spécifique.

Pour les directeurs de magasin et responsables de réseau (niveaux E et F) disposant d'une autonomie réelle dans l'organisation de leur temps, le forfait annuel en jours peut être mis en place par convention individuelle dans le cadre d'un accord d'entreprise.

Préavis et période d'essai

Les durées de période d'essai et de préavis dans l'optique-lunetterie varient selon le niveau de classification. Pour les niveaux A et B, la période d'essai est de 2 mois, renouvelable une fois. Pour les niveaux C et D (opticiens diplômés), elle est de 2 à 3 mois. Pour les niveaux E et F (directeurs et cadres), elle peut atteindre 4 mois.

En cas de rupture du contrat hors faute grave ou lourde, les durées de préavis s'appliquent comme suit :

NiveauxPréavis
A et B1 mois
C et D2 mois
E et F3 mois

L'employeur peut décider de dispenser le salarié de l'exécution de son préavis tout en maintenant l'intégralité de sa rémunération jusqu'au terme de la période prévue. Pour les opticiens diplômés en poste de responsable, cette dispense est fréquente pour éviter les situations délicates vis-à-vis de la clientèle.

Calculez votre préavisEstimation immédiate selon votre niveau et votre ancienneté.→

Primes, avantages et obligations liées à la profession réglementée

La convention de l'optique-lunetterie prévoit plusieurs avantages et mécanismes spécifiques :

  • Prime d'ancienneté : elle s'ajoute progressivement au salaire de base selon un barème conventionnel, valorisant la fidélité et l'expertise acquise dans le secteur.
  • Remboursement des transports : prise en charge à 50 % du coût de l'abonnement aux transports en commun, conformément à l'obligation légale.
  • Mutuelle santé : couverture complémentaire santé obligatoire, avec participation de l'employeur à hauteur d'au moins 50 % de la cotisation de base.
  • Avantage tarifaire sur les lunettes : dans de nombreuses enseignes, les salariés bénéficient d'un tarif préférentiel sur les équipements optiques, à titre d'avantage en nature ou d'usage d'entreprise.
  • Formation continue : le secteur valorise la formation continue des opticiens, notamment pour les évolutions réglementaires en matière de santé visuelle (réforme 100 % Santé, adaptation de lentilles, basse vision).

Responsabilité de l'opticien diplômé

L'opticien-lunetier titulaire du BTS OL est personnellement responsable des actes techniques qu'il réalise (délivrance de verres, adaptation de lentilles). La convention prévoit que ces actes ne peuvent être délégués qu'à un autre professionnel titulaire du même diplôme. Un employeur ne peut pas imposer à un opticien diplômé de réaliser des actes en dehors du cadre légal.

Rupture du contrat de travail

En cas de licenciement, les salariés de l'optique-lunetterie perçoivent l'indemnité légale de licenciement calculée selon l'ancienneté et la rémunération de référence. La convention peut prévoir des dispositions plus favorables pour les opticiens diplômés de longue ancienneté selon les avenants en vigueur. La rupture conventionnelle homologuée est une voie courante dans ce secteur, notamment lors des fermetures ou reprises de magasins.

La fermeture ou la cession d'un magasin d'optique à un repreneur peut entraîner un transfert automatique des contrats de travail si les conditions d'une modification dans la situation juridique de l'employeur sont réunies. Les opticiens diplômés doivent vérifier que la continuité de leurs droits (ancienneté, qualification, responsabilités) est garantie dans le cadre du transfert.

Estimez votre indemnité de licenciementCalcul immédiat selon le Code du travail.→ Estimez votre indemnité de licenciementSimulateur gratuit basé sur votre ancienneté et votre salaire. →

Questions fréquentes

La convention IDCC 1983 s'applique-t-elle aux vendeurs sans diplôme d'opticien ?

Oui. La convention collective de l'optique-lunetterie (IDCC 1983) s'applique à l'ensemble du personnel des magasins d'optique, quelle que soit la fonction occupée : vendeurs conseillers, hôtes d'accueil, assistants administratifs et opticiens diplômés. Les vendeurs sans BTS Opticien-Lunetier sont classés aux niveaux A ou B selon leur expérience. Ils ne peuvent en revanche pas réaliser les actes réglementés réservés aux titulaires du diplôme d'opticien-lunetier.

Le BTS Opticien-Lunetier est-il obligatoire pour travailler en magasin d'optique ?

Non, le BTS OL n'est pas obligatoire pour travailler dans un magasin d'optique. Il est cependant indispensable pour réaliser les actes réglementés : délivrance de verres correcteurs sur ordonnance médicale, adaptation de lentilles de contact, vérification de la vue dans le cadre du renouvellement d'ordonnance. La loi impose qu'au moins un opticien-lunetier diplômé soit présent dans chaque magasin lors de la délivrance de ces équipements. Les autres salariés sans diplôme exercent des fonctions commerciales et administratives.

Comment évolue-t-on dans la classification de l'optique-lunetterie de niveau A à D ?

La progression du niveau A (vendeur débutant) au niveau D (opticien confirmé) suit deux trajectoires distinctes. Pour les non-diplômés, la progression de A vers B repose sur l'ancienneté et l'acquisition de compétences commerciales. L'accès aux niveaux C et D nécessite l'obtention du BTS Opticien-Lunetier ou d'un diplôme reconnu équivalent, qui ouvre l'accès aux actes réglementés. Un vendeur confirmé peut accéder au BTS OL par la voie de l'apprentissage ou de la formation professionnelle continue, avec le soutien de certains employeurs.

Un opticien diplômé qui devient directeur de magasin reste-t-il couvert par la même convention ?

Oui. La convention collective de l'optique-lunetterie (IDCC 1983) couvre l'ensemble des salariés du magasin, y compris les directeurs de magasin classés aux niveaux E ou F. Le directeur de magasin titulaire du BTS OL conserve son statut de professionnel de santé réglementé tout en exerçant des fonctions managériales. Il doit rester attentif à ce que les actes optiques réalisés dans son magasin soient toujours effectués sous la responsabilité d'un opticien-lunetier diplômé.

La réforme 100 % Santé a-t-elle modifié les conditions de travail des opticiens ?

La réforme 100 % Santé, entrée en vigueur entre 2019 et 2020, a modifié les pratiques commerciales et techniques des opticiens (obligation de proposer des équipements sans reste à charge dans le panier A) mais n'a pas modifié directement la convention collective IDCC 1983. Elle a en revanche eu un impact sur les modes de rémunération variables dans certaines enseignes, qui ont dû adapter leurs systèmes de commissions et de primes à la nouvelle réalité commerciale du secteur. Vérifiez les avenants récents de la convention et les accords d'entreprise applicables dans votre magasin.

Sources

  • https://www.legifrance.gouv.fr/conv_coll/id/KALICONT000005635565
  • https://code.travail.gouv.fr/convention-collective/1983

Dernière mise à jour : 05/07/2026.

Information fiable et tenue à jour Contenus rédigés à partir des textes officiels (Legifrance, service-public, URSSAF) et revus régulièrement.
Information, pas conseil juridique. Les données présentées (salaires minima, préavis, primes) sont indicatives et peuvent évoluer par avenant. En cas de doute, vérifiez le texte officiel sur Legifrance ou rapprochez-vous de votre employeur, d'un syndicat ou d'un avocat.